[Guide] Devenir un Community Manager responsable

Publier sur les réseaux sociaux est devenu incontournable pour les entreprises et les marques. L’objectif : gagner en visibilité et créer une relation forte avec leur audience.

L’univers social media est lui aussi régi par la croissance. Que ce soit celle du nombre d’abonnés, de likes, de partages, de mentions, etc. Poster le plus fréquemment possible est fortement encouragé par les plateformes elles-mêmes et le fonctionnement de leur algorithmes.

En tant que freelance et community manager, je publie régulièrement sur les réseaux sociaux. J’ai de multiples occasions de poster dans le cadre de mon personal branding et de mes missions clients.

Pourtant, est-ce une finalité en soi et une nécessité de publier autant lorsque l’on connaît l’impact du numérique ? Quelle utilité retirons-nous de tous ces posts qui pullulent sur nos feeds pour parler de tout et surtout … de rien ?


Cet article est motivé par l’interrogation suivante :

Comment avoir une utilisation professionnelle des réseaux sociaux en adéquation avec ma vision environnementale et durable ?

Dans ce guide, nous parcourons :

🍃 L’impact de la pollution numérique sur l’environnement (spoiler : on commence par le plus déprimant)

💪 Les 4 points positifs des réseaux sociaux sur l’engagement environnemental et sociétal

💡 La construction d’une stratégie plus responsable pour les réseaux sociaux, notamment via le minimalisme et le recyclage.

Quel impact ont les réseaux sociaux sur l’environnement ?

Voici quelques chiffres pour se mettre en jambes et cerner l’impact réel du numérique et des réseaux sociaux sur l’environnement aujourd’hui.

Qu’est-ce que la pollution numérique et à quoi est-elle due ?

La pollution numérique désigne la pollution engendrée par toutes les nouvelles technologies. Les émissions de CO₂ liées à celles-ci sont dues pour moitié au fonctionnement d’internet (transport et stockage des données, fabrication et maintenance de l’infrastructure du réseau). L’autre moitié provient de la fabrication de nos équipements informatiques (ordinateurs, smartphones, tablettes, etc.). (Source: ADEME)

Si on regarde de plus près cette première moitié, le secteur informatique est responsable aujourd’hui de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (plus que le transport aérien mondial). Et il n’en est qu’à ses prémices à en croire l’ADEME qui prédit un doublement de cette empreinte carbone d’ici 2025, à cause de l’augmentation du nombre d’utilisateurs à l’échelle mondiale.

Quel est le poids de la vidéo dans cette pollution ?

Le streaming vidéo représente 60 % des flux de données sur internet. Or, le contenu le plus mis en avant par les réseaux sociaux et leurs algorithmes sont … les vidéos. Les nouveaux réseaux sont d’ailleurs encore plus centrés sur la production de vidéos courtes en masse, comme SnapChat et TikTok. Suite à leur succès les réseaux sociaux comme Instagram se mettent à la page avec de plus en plus de fonctionnalités similaires (ex: les reels).

Ce graphique tiré du rapport The Shift Project sur l’impact environnemental du numérique “Climat : l’insoutenable usage de la vidéo en ligne” (2019) nous permet d’avoir une idée du poids des émissions de GES générés par la vidéo en ligne via différents usages. Les réseaux sociaux sont représentés dans la catégorie “Autres” qui représente 1/6 des émissions liées à la vidéo en ligne. Celle-ci ne comptabilise pas YouTube qui est dans la catégories “Tubes”.

Quel réseaux sociaux polluent le plus ?

Nous passons en moyenne 2h22 sur les réseaux sociaux par jour (Global Web Index 2019). Cela équivaut à l’impact carbone de 2,5 km effectués en véhicule léger.

Greenspector a réalisé une étude afin de comparer les réseaux sociaux en termes d’impact carbone, de consommation d’énergie et de données échangées. Voici les résultats concernant la partie impact carbone :

A prendre en compte pour la lecture de l’étude : ici sont comparés les fils d’actualité et non les usages réels. Or, les usages réels sont très différents d’un réseau social à un autre.

Ce n’est donc pas représentatif mais cela peut donner une première idée. Comme le dit l’article : “Si nous projetions cet usage “affichage et déroulement du fil d’actualité” comme étant représentatif sur la durée d’usage quotidien / utilisateur”

Quoi qu’il en soit, je pense qu’un usage raisonné de tous les réseaux sociaux sur lesquels on choisit d’être présent·e est important.

Nous avons en tête ces différents chiffres et éléments. Il est temps de prendre connaissance des aspects positifs des réseaux sociaux pour l’engagement écologique et solidaire.

Les 4 points positifs des réseaux sociaux sur l’engagement environnemental et sociétal

1️⃣ Les organisations peuvent accéder à une audience immense pour encourager et diffuser des messages responsables dans un format rapide et dynamique.

Attention cependant au “slacktivisme” (fusion de slacker – “fainéant” en anglais – et activisme). Ce militantisme en ligne consistant à cliquer pour participer à un mouvement collectif virtuel sans s’engager plus activement et concrètement.

👉 Voici un article intéressant sur l’utilité du slacktivisme pour faire avancer les causes

2️⃣ Les réseaux sociaux permettent l’émergence de nombreux activistes indépendants, qui partagent leur histoire, et fournissent des sources et médias indépendants. Ce point encourage les flux d’informations alternatifs mais ouvre la porte aux informations non vérifiées (ceci dit elle est déjà bien ouverte même chez les médias “classiques” 🙄).

Par exemple : Marion Gaulin a créé Nouvelle Empreinte, un media qui explore les initiatives cools et durables et une newsletter qui te guide dans ta transition.

3️⃣ Utiliser les réseaux sociaux pour faire pression et encourager le soutien lors de campagnes spécifiques.

Par exemple : les Actions Express de l’association L214 (défense des animaux) proposent clé en main des messages à poster sur les réseaux sociaux. Ceux-ci sont dirigés vers une entreprise différente chaque semaine qui agit cruellement envers les animaux. Face à la pression de nombreux posts et appels en simultanée qui les exposent au bad buzz … les marques revoient leurs engagements !

4️⃣ La géolocalisation et les hashtags permettent aux personnes de poster sur ce qui se passe dans leur environnement à échelle locale, et les connecter à des sujets environnementaux plus globaux. Ci-dessous l’exemple de Cagnes Plogging qui ramasse les déchets sur la plage de Cagnes sur Mer

Comment construire une stratégie plus responsable pour les réseaux sociaux ?

Quels objectifs derrière ma communication ?

Qu’est-ce que vous cherchez à atteindre en publiant sur les réseaux sociaux ? Comme tous les outils, les réseaux sociaux ne sont pas intrinsèquement bons ou mauvais, ils sont ce qu’on en fait. Et nous pouvons les utiliser pour servir les autres.

Vous pouvez avoir comme objectif par exemple :

  • Informer
  • Inspirer
  • Sensibiliser
  • Donner des pistes d’actions
  • Orienter vers un meilleur impact environnemental / social
  • Changer les habitudes / attitudes – etc.

L’ADEME via le post ci-dessous informe, sensibilise et donne des idées d’actions concrètes pour réduire l’impact environnemental de son activité en ligne.

Et la performance dans tout ça ? Les posts pratiques et utiles sont performants. Sans compter qu’ils permettent d’instaurer une relation de qualité et confiance entre la page et l’audience. C’est une stratégie long terme et durable. Alors que la mise en avant de vos produits / services de manière frontale en continu ne fonctionne plus vraiment.

Sur quels critères me baser pour communiquer de manière responsable ?

Sustainly édite un index annuel de la communication durable des marques via les réseaux sociaux. Leurs critères de notation se révèlent intéressants à utiliser comme base de toute nouvelle stratégie social media.

Voici les critères pris en compte, qui combinés permettent selon Sustainly une communication responsable réussie :

✔ La fréquence de publication sur des sujets responsables

✔ La transparence : dans l’autorisation des commentaires, les réponses et interactions

✔ L’authenticité : communiquer sur ce que l’entreprises fait ou sur ce qu’elle dit faire

✔ L’utilité du contenu

✔ La créativité / innovation dans le contenu

✔ Le partage des actions accomplies (rapports / bilans RSE par exemple)

Utiliser le minimalisme et le recyclage

La règle du minimalisme 👉 se concentrer sur ce qui nous est vraiment utile pour vivre bien et mieux. C’est-à-dire éliminer les excès et les éléments superflus pour ne garder que l’indispensable.

Être minimaliste quand je publie du contenu, cela signifie vérifier que je peux répondre oui à ces deux questions avant de poster :

✅ Est-ce que j’ai quelque chose à dire / à apporter à mon audience ?

✅ Est-ce que je suis capable de le prouver ?

Si ce n’est pas le cas, mieux vaut ne pas communiquer et attendre d’avoir un sujet impactant, utile et vérifié pour mon audience.

Par exemple : je peux dire comment je fais quelque chose plutôt que de dire ce que je compte faire.

En privilégiant les actions et les pistes aux mots creux, j’évite le greenwashing et j’apporte de l’information utile qui peut inspirer et aider les autres à faire de même.

Être minimaliste quand je consomme du contenu, cela signifie réduire la qualité des vidéos que je visionne, passer moins de temps à scroller à l’infini, rechercher uniquement l’information dont j’ai besoin, réduire le nombre de profils auxquels je m’abonne, etc.

Un français passe en moyenne 2h22 sur les réseaux sociaux par jour (voir partie chiffres), imaginez ceux qui travaillent dessus ! Effectivement, dans le cadre de leur métier les Community Managers par exemple y passent de nombreuses heures supplémentaires.

Recycler du contenu ? Si vous misez sur des contenus de qualité, pertinents et intemporels (le contenu evergreen) alors chaque année vous pourrez les enrichir, les améliorer et … les réutiliser. En effet, ce type de contenu se prête bien au recyclage, c’est à dire à le découper et l’adapter aux différentes plateformes sur lesquelles vous communiquer : un gain de temps et un gage de valeur.

Par exemple : vous avez rédigé un article de fond ou enregistré un podcast sur les pratiques écoresponsables liées à votre secteur d’activité ? Vous pouvez le diviser en plusieurs posts et différents formats (texte, image, infographie, etc.) pour vos réseaux sociaux.

Et LinkedIn dans tout ça ?

LinkedIn est le réseau social B2B par excellence. Voici quelques réflexions sur comment LinkedIn s’inscrit dans ces éléments de communication plus responsable :

  • LinkedIn est considéré comme la source de contenu la plus crédible par les dirigeants (91%) devant les sites d’actualités (64%), Twitter (29%) et Facebook (27%). Si vous devez choisir un réseau social pour augmenter votre jauge de crédibilité vis-à-vis de vos clients et partenaires, c’est bien LinkedIn ! Source : The Sophisticated Marketers Guide to LinkedIn – Business LinkedIn

  • LinkedIn est derrière Twitter le réseau social le plus choisi par les entreprises pour communiquer sur l’environnement, la durabilité et la responsabilité.

  • LinkedIn reste un réseau social où l’on peut être minimaliste ! Les posts 100% texte sont performants, les contenus sont variés et plus sobres (pas de vidéos à gogo, etc.)

En conclusion

Nous avons parcouru l’impact des réseaux sociaux sur l’environnement, ses aspects positifs sur l’engagement environnemental et sociétal et enfin comment mettre en place une stratégie plus responsable sur ces réseaux.

Le chemin des Community Manager éveillés à ces sujets essayant de minimiser son empreinte sera semé de doutes et de remises en questions. Si parfois vous manquez d’idées, réfléchissez à ce que vous vous valorisez, ce qui vous apporte, les sujets qui vous intéressent et devenez le profil utile que vous aimeriez suivre.

De votre côté, comment réagiriez-vous si vos influenceurs, marques et entreprises favoris publiaient uniquement lorsqu’ils détiennent un message authentique, utile et de qualité à communiquer ? Même si cela signifie une fois par semaine ? par mois ?


📌 J’ai créé une checklist pour retrouver en un clin d’œil les 11 points à vérifier lorsque tu prépares un post pour les réseaux sociaux (format, transparence, inclusivité, etc.)

3 commentaires

  1. Quel boulot Mélanie !
    Un article à épingler er conserver pour toutes les infos, bonnes pratiques et sources qui y sont données

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